La campagne de recrutement pour le service national militaire a débuté ce 12 janvier. Près de 30 ans après la fin du service obligatoire, sa version 2, désormais volontaire, espère attirer 3 000 jeunes cette année 2026.
Les premiers candidats au service national militaire volontaire ont pu s’inscrire dès ce 12 janvier. Une campagne pour laquelle 3 000 places sont à pourvoir cette année, dont 1 800 pour l’armée de Terre, 600 dans celle de l’Air et de l’Espace, et 600 dans la marine. Les femmes et les hommes, âgés entre 18 et 25 ans, peuvent postuler jusqu’en avril pour rejoindre, entre septembre et novembre, les armées pour une durée de 10 mois en métropole, ou en outre-mer. Relancé par Emmanuel Macron fin novembre, le dispositif se précise peu à peu.
Ils seront formés à réagir dans des situations inconfortables
Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées
Les étapes pour être recruté
Ce service national militaire volontaire s’ouvre à tous les Français âgés de 18 à 25 ans. Du CAP jusqu’à bac+5, en passant par les élèves de terminale, tous les jeunes peuvent se porter candidat. Objectif : recruter 80% de 18 à 19 ans sur les 3 000 places disponibles, et 20% de 20 à 25 ans avec des profils plus spécialisés, comme dans l’ingénierie, l’analyse de données, ou encore dans la santé. Le choix de s’engager sera considéré comme une année de césure dans les études, et les vœux sur Parcoursup seront préservés.
Pour candidater, la démarche peut se faire en ligne, ou dans un Centre d’information et de recrutement des armées (Cirfa), entre janvier et avril. Une fois la candidature déposée, plusieurs étapes se mettent en place. Les candidats passent un entretien au Cirfa, avant de passer une visite médicale, puis une enquête de sécurité. Ils devront ensuite attendre jusqu’en mai pour connaître les résultats.
Un service militaire de 10 mois
Si la personne est prise, elle s’engage alors dans les forces armées pour une durée de 10 mois à partir de septembre, octobre, ou novembre. Elle sera logée et nourrie, et touchera 800 euros bruts par mois. Le premier mois se consacre à la formation de base avant de « participer au renforcement de la capacité de résistance de notre nation », selon le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon. « Ils seront formés à réagir dans des situations inconfortables, à inscrire leur action dans le cadre d’un groupe organisé, solidaire, solide, où chacun, quels que soient son origine sociale, son parcours personnel, ses opinions, sa religion, évolue sous un même uniforme selon des principes d’égalité, de fraternité, d’équité et où on récompense le mérite », ajoute le gradé. Une formation qui se déroulera en métropole ou dans les outre-mers, sur les différents sites militaires. Les futurs volontaires ne seront pas envoyés dans des zones de conflit à l’étranger ou en opération extérieure.
Renforcer les moyens humains de l’armée
Avec ce service national militaire volontaire, le gouvernement souhaite renforcer les effectifs de l’armée. La France compte actuellement 200 000 soldats, contre 500 000 à la fin de la guerre d’Algérie, et plus de 47 000 réservistes. À l’issue des dix mois, trois options s’offriront aux volontaires. La première, poursuivre leurs études. Mais ils seront tout de même basculés, pendant cinq ans, dans la réserve opérationnelle de disponibilité dans laquelle ils pourront être rappelés pour un maximum de cinq jours par an. Quant aux deuxième et troisième options, les jeunes pourront poursuivre leur service dans l’armée, soit en s’engageant dans la réserve opérationnelle, soit dans l’armée active.
Plus de 42 000 formés par an en 2035
En 2026, ce sont 3 000 volontaires attendus pour ce nouveau service militaire. L’objectif est de former 4 000 jeunes l’an prochain, 10 000 en 2030, et plus de 42 000 par an en 2035. Ce qui gonflerait en grande partie les effectifs de la réserve, passant de 47 000 aujourd’hui à plus de 80 000 réservistes d’ici à dix ans. Une volonté de répondre aux besoins d’une armée française dans un monde toujours plus instable et incertain, notamment avec la guerre en Ukraine et la menace russe. « Il faut se préparer à un choc d’ici trois à quatre ans » avec la Russie, avait alerté le général Mandon lors d’une audition, devant le Sénat, début novembre.
Il faut se préparer à un choc d’ici trois à quatre ans
Le général Fabien Mandon
Alors, une campagne de communication dans la presse et sur les réseaux sociaux se prépare pour faire connaître le service national militaire volontaire, et convaincre les jeunes à s’engager. Certains influenceurs, comme TiboInShape ou Inoxtag, se sont même prêtés au jeu d’une immersion sur une base militaire. De quoi peut-être donner quelques idées à leurs abonnés. Pour l’heure, seule l’armée de l’Air et de l’Espace a communiqué sur le nombre de candidatures. Elle a enregistré 800 dossiers alors qu’elle dispose seulement de 600 places disponibles.
