Municipales 2026 à Nice : Éric Ciotti troque le costume de candidat contre les habits de maire

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Publié le 28 février 2026 à 16h56
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Au gymnase Laure Ecard, samedi 28 février, Éric Ciotti n’a pas mené un meeting offensif. Devant un public largement acquis à sa cause, le député des Alpes-Maritimes a déroulé une feuille de route, plus qu’il n’a livré un plaidoyer de campagne. Porté par plusieurs sondages qui le placent en tête du premier tour avec 41 % d’intentions de vote contre 30 % pour son rival Christian Estrosi, le candidat a adopté une posture d’édile.

C’est avec ironie qu’Éric Ciotti a relevé le score de 41 à 30, affiché sur l’écran du gymnase. Une référence au sondage Elabe-Berger Levrault pour Le Figaro, BFMTV et Nice-Matin qui le place en tête des intentions de vote. Une séquence légère, mais révélatrice, celle d’un homme dont la posture ne ressemble plus à celle du candidat, mais à celle d’un gestionnaire déjà en fonction. 

Pas de conditionnel dans son discours. Pas de questions de ce qui adviendrait “en cas de victoire”. Pas de promesses électorales, mais un cap des “cents premiers jours” dressé durant lesquels il annonce un audit complet des finances publiques

Un cadre de gouvernance déjà défini

Le discours s’est structuré autour de principes de gouvernance plus que d’annonces sectorielles. Concertation, éthique, proximité, responsabilité, humilité… des piliers présentés comme les fondations d’une méthode.

S’il a évoqué des référendums réguliers et une consultation renforcée des comités de quartier, il a également promis la fin des “emplois politiques” et des “cabinets noirs”. Des attaques à peine voilées à destination de Christian Estrosi. 

Les responsabilités ont été nommées, les principes encadrés, les priorités hiérarchisées. L’intervention ressemblait moins à une plateforme électorale qu’à un schéma d’organisation interne.

Les principaux arbitrages dévoilés

Sur le fond, le candidat a dévoilé quatre axes structurants de son programme. À commencer par les finances publiques. “On ne peut plus dépenser un argent que nous n’avons pas”, a-t-il martelé, promettant un audit complet et un désendettement progressif. Il en a profité pour rappeler les ordres de grandeur. Près d’un milliard d’euros de dépenses de fonctionnement pour la Métropole, environ 560 millions pour la Ville, soit 1,5 milliard d’euros cumulés. Des dépenses qu’il prévoit de réduire de 5 % par an.

On ne peut plus dépenser un argent que nous n’avons pas

Éric Ciotti, candidat à la mairie de Nice

La sécurité fait aussi office de priorité municipale. Un thème cher au candidat qui fait du sujet un pilier absolu de son projet, affirmant que « sans sécurité, il n’y a plus de liberté » et fixant comme objectif prioritaire de « remettre de l’ordre dans la rue« , sans toutefois détailler de mesures techniques ou opérationnelles. 

Le troisième axe, centré sur la qualité de vie, se déploie à l’échelle du quotidien. Propreté, entretien de la voirie, nuisances sonores, accès au logement, accompagnement des personnes âgées, petite enfance… le candidat énumère les préoccupations des Niçois. Parmi les propositions, la climatisation des écoles ou encore la création d’établissements d’accueil spécifiques pour les personnes âgées frappées par la perte d’autonomie et la dépendance.

Enfin, le développement économique est présenté comme le levier permettant de financer ces ambitions. Au programme : relance de l’attractivité, restructuration de la Plaine du Var ou encore de nouvelles implantations d’entreprises. La question des ressources a été abordée sous l’angle d’une décision déjà calibrée avec la vente des 7 000 logements sociaux situés hors de la métropole qui pourrait dégager entre 450 et 700 millions d’euros, selon le candidat.

Une campagne tournée vers l’après

Pour le député, les objectifs de cette réunion publique n’étaient pas de créer une nouvelle dynamique, mais plutôt de donner à voir une équipe en projection. Reste que, dans une campagne municipale, la projection ne vaut pas victoire. Si Éric Ciotti paraît déjà avoir troqué le costume de candidat, il appartient désormais aux électeurs de lui confier, ou non, celui de maire.