À Nice, les patients s’adaptent à la grève des médecins

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Publié le 14 janvier 2026 à 20h08
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À quelques jours de la fin de la grève des médecins de ville et des cliniques privées, la situation reste compliquée dans les Alpes-Maritimes. Cabinets fermés, délais rallongés et afflux progressif vers les urgences : patients et soignants doivent s’adapter, sans saturation à ce stade.

La grève des médecins de ville — libéraux, généralistes et cabinets privés — prend fin ce jeudi 15 janvier 2026. La situation est tendue dans les Alpes-Maritimes depuis plus d’une semaine. Des centaines de médecins sont mobilisés pour dénoncer plusieurs mesures liées au projet de loi sur le budget de la Sécurité sociale. À Nice, l’organisation des soins est mise à l’épreuve et les patients s’adaptent.

Des cabinets fermés, des patients contraints de s’organiser

Avec de nombreux cabinets fermés ou fonctionnant au ralenti, les délais pour obtenir un rendez-vous se sont allongés. Certains patients tentent alors de trouver des solutions. C’est le cas de Tommy, rencontré à Nice, désireux de consulter son médecin traitant. « Je n’ai pas pris de rendez-vous, je suis venu parce que j’ai appelé et qu’on ne m’a pas répondu. On m’a dit qu’il fallait s’inscrire sur la liste d’attente, ce que j’ai fait. Mais ça fait deux heures que j’attends », explique le Niçois.

Une situation qui se répète pour de nombreux patients privés de leur médecin habituel depuis le début du mouvement. Et comme tout le monde fait pareil et se rend en salle d’attente pour tenter de voir un médecin, le déplacement ne paraît pas la meilleure des solutions.

La téléconsultation en pharmacie, une alternative peu utilisée

Dans ces circonstances, la téléconsultation paraît être une alternative efficace. Pourtant, dans les pharmacies où trônent les cabines permettant une consultation à distance, la fréquentation reste limitée. La Grande Pharmacie Masséna de Nice n’est pas prise d’assaut. « Nous n’avons pas plus de téléconsultations que d’habitude. On est à moins de cinq par jour », chiffre Juliette, une des pharmaciennes.

Ce qui peut expliquer ce manque d’affluence aux cabines de téléconsultation, selon les pharmaciens, c’est son coût. La pratique via son ordinateur est plus rapide et souvent moins chère. Une téléconsultation réalisée depuis un ordinateur ou un smartphone à domicile suit généralement la tarification conventionnelle de l’Assurance Maladie et les 30 € de la consultation avec un médecin généraliste sont remboursés selon les règles habituelles. Une visite médicale réalisée dans une pharmacie, avec une cabine ou une borne, implique souvent des frais supplémentaires liés à l’utilisation de l’équipement ou à l’assistance du pharmacien. L’argument principal reste toutefois l’aspect pratique de la consultation depuis chez soi.

En ligne, une affluence très variable selon les moments

C’est donc sur Internet que les visites s’accumulent le plus. Du côté des plateformes de téléconsultation, la fréquentation fluctue fortement. « Il y a une salle d’attente virtuelle, comme dans une salle des urgences. Il est écrit qu’il y a 99+ de patients en salle d’attente. J’ai vu cela la semaine dernière, mais aussi cette semaine », explique Julien, médecin généraliste pour la plateforme Medadom.

Des urgences plus sollicitées, sans saturation

Pour ceux qui préfèrent le physique à une visite distancielle, direction les urgences. Conséquence directe de cette réorganisation des soins, celles-ci accueillent davantage de patients. Au CHU de Nice, mais aussi à Grasse, Cannes et Antibes, l’activité y est plus forte. Davantage d’attente, mais la situation n’est pas considérée comme critique à ce stade selon les autorités. Le CHU de Nice reste en niveau de tension 2 sur 3. Un niveau habituel en cette période de l’année, marquée par la grippe, la Covid et les infections hivernales. Les autorités sanitaires redoutent toutefois que cette situation puisse devenir plus problématique si l’afflux se poursuit.

Pour éviter toute saturation, il est fortement recommandé d’appeler le 15 avant de se rendre aux urgences. La grève des médecins de ville et des cliniques privées doit se poursuivre jusqu’à ce jeudi 15 janvier 2026, à 8 heures.