« Les Niçois ont mal » : des dizaines de personnes rendent hommage à Lizabete, tuée par balle mercredi soir à Nice

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Publié le 23 janvier 2026 à 21h22
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Ce vendredi 23 janvier 2026 à midi, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à l’hôtel de ville de Nice pour rendre hommage à Lizabete, abattue par balle à Nice mercredi soir alors qu’elle se trouvait au volant de sa voiture avec son bébé. Une cérémonie empreinte d’émotion pour saluer la mémoire de la jeune femme.

Il y avait ce silence particulier, celui qui s’installe quand les mots ne suffisent plus. Dans la foule, beaucoup disent être venus « pour se recueillir », mais aussi parce que ce drame touche quelque chose de profondément intime. « Tuer une femme de 23 ans avec son petit, c’est terrible », souffle Janine.

Comme elle, nombreux sont ceux qui pensent à leurs propres enfants, à leurs proches, avec cette idée angoissante que « ça peut arriver aux nôtres ». La tristesse se mêle ici à la colère et à l’incompréhension, face à une violence jugée insupportable.

Un drame de plus et une colère qui s’installe

Pour Raphaël, infirmier, l’émotion est d’autant plus forte que ce drame s’inscrit dans une répétition devenue presque familière. Il déplore « une série de féminicides » et un « manquement systémique » (même si, à ce stade de l’affaire, il est prématuré de parler de féminicide avec certitude). Ce qui le bouleverse particulièrement, c’est ce bébé, « témoin de la scène », dont la vie restera marquée à jamais. « Même si la France reste un pays sûr, ce genre d’acte d’une violence extrême est inacceptable », souligne-t-il, la voix grave.

Denise se dit horrifiée par les évènements, mais refuse de céder à la panique. Si elle affirme se sentir globalement en sécurité à Nice, elle explique être là avant tout « pour entourer la famille » et montrer qu’elle n’est pas seule. « C’est toute une ville qui prend part à ce deuil », glisse-t-elle.

« Ce drame était évitable »

Lors de la cérémonie, le maire de Nice, Christian Estrosi, également candidat à sa réélection dans le cadre des élections municipales de mars, a pris la parole devant une foule silencieuse. « Ce drame était évitable, ils le sont tous », a-t-il déclaré, rappelant que Lizabete avait subi des violences, du harcèlement et des pressions avant d’être abattue. « Depuis hier, les Niçois ont mal à l’âme », a-t-il ajouté, disant l’effondrement et la peine ressentis, bien au-delà du cercle des proches.

Au-delà du fait divers, c’est une vie fauchée trop tôt, une famille brisée et un enfant de six mois laissé au cœur d’une tragédie. Une blessure encore vive, que le silence de ce rassemblement n’a fait que rendre plus palpable.