« Le tourisme, c’est de l’emploi pour les Niçois » : Christian Estrosi défend sa politique d’attractivité
Christian Estrosi, candidat à sa réélection, le 5 mars 2026 - Photo : Thomas Noël
Ce jeudi 5 mars s’est tenu le Forum de l’emploi Hôtellerie-Restauration à Nice. À l’approche des élections municipales, une question divise : faut-il continuer à recruter dans ce secteur ou le freiner ? Si les listes de gauche, et notamment celle de Mireille Damiano prônent l’arrêt du surtourisme, Christian Estrosi et les employeurs du domaine estiment que Nice a besoin de son tourisme, pilier économique et pourvoyeur d’emplois.
“La Côte d’Azur vit du tourisme” affirme Noël Ajoury, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie Nice Côte d’Azur (UMIH NCA). Alors, faut-il limiter ou continuer à miser sur l’attractivité touristique niçoise et les emplois qu’elle génère ? À quelques jours des élections municipales, cette question s’impose dans les discours des candidats. Certains, comme Juliette Chesnel-Le Roux (tête de liste Les Écologistes, PS, PCF) promettent une lutte contre la spéculation immobilière liée aux locations touristiques de courte durée. Mireille Damiano et sa liste Nice Front Populaire sont opposés à une surexploitation touristique de la ville. À l’inverse, d’autres politiques y voient un important vecteur économique et générateur d’emplois, clé du territoire. Présent au Forum de l’emploi hôtellerie-restauration ce jeudi 5 mars, Christian Estrosi assume clairement cette position. Dans les allées du centre des congrès Océanice (nouvelle construction sur le port), entre deux stands de recrutement, le candidat et maire sortant soutient sa vision d’une “croissance touristique” pour Nice.
Une baisse de fréquentation représenterait pour Noël Ajoury des conséquences graves sur l’économie locale. Le secteur représente 15 % de celle-ci et des milliers d’emplois sur tout le département, d’après les chiffres de Côte d’Azur Tourisme. “Si on réduit le tourisme, l’impact serait énorme”, prévient le président de l’UMIH. “Sur le département, on compte environ 15 000 postes dans le tourisme. Une grande partie est saisonnière” explique Fabien Paravisini, directeur de l’agence France Travail Nice Est et spécialisé dans l’hôtellerie-restauration départementale. Une réalité salariale souvent précaire qui laisse peu de place au débat sur le surtourisme. Pour cette cinquième édition, plus d’une centaine de stands d’hôtels et restaurants s’installaient, à la recherche de leur prochaine recrue pour cet été.
Un secteur économique attractif qui recrute
CV à la main, les demandeurs d’emploi enchaînent les entretiens rapides dans le centre des congrès Océanice. À la clef, 4 000 postes proposés cette année. En ce jeudi matin, plus de 1 200 entrées étaient déjà enregistrées dès 11h30. “Un record pour le Forum” se félicitait Fabien Paravisini. Christian Estrosi a aussi rappelé le doublement du nombre de chambres d’hôtel, comme leurs fréquentations. “On est passé de 50 % de réservation sur 2008 à 75 % aujourd’hui. Le tourisme, c’est de l’emploi pour les Niçois”.

“Moi, je n’ai jamais trouvé qu’il y avait trop de touristes” estime Lili, en recherche d’un stage au Forum. “J’ai toujours connu Nice comme ça et au contraire, ça donne de la vie. Ce n’est pour l’instant pas aussi désagréable qu’à Barcelone, par exemple.” Pour les professionnels présents, la fréquentation touristique niçoise reste avant tout un synonyme de recrutement et de chiffre d’affaires. La position de Christian Estrosi rejoint celle de nombreux professionnels présents, qui préfèrent orienter ce tourisme plutôt que le réduire.
Le tourisme, une politique culturelle et éducative
“Il faut développer un tourisme choisi et non subi”, a lancé le maire. Reprenant la comparaison à d’autres villes européennes submergées de touristes, Christian Estrosi assure vouloir poursuivre sa lutte contre les Airbnbs. Il cite notamment les quartiers du Vieux-Nice, du Carré d’or et de la Libération (parmi les quartiers dits « en tension »). L’attractivité de la ville se contrôle aussi dans son aéroport, avec la régulation de ses lignes aériennes. La “clientèle qualitative” visée doit se répartir sur l’année grâce à divers grands évènements culturels, le tout de façon homogène sur l’ensemble du territoire métropolitain.
La formation aux métiers du tourisme occupe une place évidente, pour lui. “Je crois que les familles niçoises veulent surtout qu’on garde un modèle qui permette à leurs enfants d’être qualifiés” ajoute le candidat. “Au-delà du lycée hôtelier et de tourisme, je pense à Vatel qui est en train de s’installer et Ferrandi qui s’installera l’année prochaine.” Pour le maire sortant, avant de recruter il est nécessaire de former correctement les Niçois. Une stratégie globale que Christian Estrosi orchestre dans le but de maintenir l’un des principaux moteurs économiques de la ville.



