La gauche niçoise est-elle responsable de la victoire d’Éric Ciotti ?

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Publié le 26 mars 2026 à 10h04
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Éric Ciotti s’est emparé de la mairie de Nice après sa victoire dimanche 22 mars, devançant largement Christian Estrosi et Juliette Chesnel-Le Roux. La candidate d’union de la gauche (Les Écologistes, PS, PCF) avait décidé de se maintenir malgré la menace d’une victoire de l’extrême droite. Selon l’équipe du maire sortant, cette décision expliquerait leur défaite.

Après 18 années de mandat, l’analyse de l’ancien maire est sans ambiguïté : la triangulaire du second tour de ces violentes municipales niçoises a favorisé la victoire de son grand ennemi, Éric Ciotti. « Si Madame Chesnel-Le Roux s’était retirée, est-ce qu’on aurait gagné ? La réponse est oui », affirme Léa Corradi. Si la présidente des Jeunes avec Estrosi est bien consciente que le candidat Horizons n’aurait pas récupéré l’intégralité du report des voix, elle assure que « 10 % auraient suffi » pour un « score totalement différent ». Alors elle tacle : « Madame Chesnel-Le Roux et madame Tondelier [la patronne des Écologistes] portent la responsabilité de ce qui s’est passé à Nice. »

Au-delà des calculs, une dynamique électorale

Présent au QG de Christian Estrosi le soir du scrutin, le journaliste de CNews, Félix Perrollaz, a perçu la déception dans le camp du maire sortant. « Les militants pensaient que les électeurs de Juliette Chesnel-Le Roux allaient voter pour Christian Estrosi », raconte-t-il. Finalement, le maire cumulera 46 753 voix, contre 61 009 pour le candidat de l’UDR et du RN. « Même si Juliette Chesnel-Le Roux [qui a obtenu 17 926 voix] s’était retirée, il n’aurait pas gagné », analyse le journaliste politique.

Interrogée, la gauche attaquée défend largement cette idée. Julien Picot, numéro deux de la liste Unis pour Nice, estime qu’il ne s’agit pas de « mathématiques [et que] les Niçois socialistes n’auraient jamais voté pour Estrosi. » Ainsi, selon lui, « il avait perdu dans tous les cas de figure ».

« Ça fait des années que l’extrême droite grossit dans le département »

Même son de cloche pour la candidate niçoise de l’union de la gauche, selon laquelle le scrutin ne peut être réduit à une simple question de reports de voix. « Éric Ciotti a été élu grâce au maintien de Christian Estrosi. Si notre liste s’était retirée, le sortant n’aurait pas pu remonter cette grosse différence de points », confirme Juliette Chesnel-Le Roux.

« Et on ne peut pas dire que c’est la gauche qui a fait venir l’extrême droite à Nice ou même dans les Alpes-Maritimes. Ça fait des années que l’extrême droite grossit dans le département », défend l’écologiste.

Une opinion confirmée par les électeurs

Porté par une « vraie envie de changement » chez les électeurs niçois, ce second tour des élections municipales n’aurait fait que confirmer une tendance. Ce que confirment beaucoup d’habitants rencontrés dans les rues, rejetant l’idée d’une responsabilité de la gauche. « Ça n’a aucun rapport. [Éric Ciotti] aurait été élu de toute façon. Les gens en ont marre et veulent que ça change », estime Sybile, une commerçante. « Et puis, en fin de compte, entre Ciotti et Estrosi, je crois qu’on ne vote plus pour un parti mais pour l’homme politique. On veut du changement de toute façon », ajoute Michel.