Présidentielle 2027 : beaucoup de candidats au départ, une tendance qui se confirme

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Publié le 11 avril 2026 à 21h37
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À un peu plus d’un an de l’élection présidentielle qui se tiendra en avril 2027, de plus en plus de candidats se positionnent dans la course à l’Élysée. Quitte à multiplier les candidatures à gauche comme à droite. Depuis 2002, le nombre de personnalités politiques à se présenter a presque toujours dépassé la moyenne de dix candidats.

« Je suis candidat à l’élection présidentielle. » Ces mots, les Français les entendent de plus en plus. Ils sont nombreux à s’être déjà positionnés dans la course à l’Élysée. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, des personnalités politiques de droite comme de gauche et des extrêmes ont multiplié les prises de parole dans les médias pour officialiser leur candidature à près d’un an des élections à la fonction suprême en 2027. Tous veulent incarner une voix et se dégager un espace politique en se positionnant le plus rapidement. Mais d’autres prennent leur temps en laissant planer plus ou moins le doute sur leur choix de se lancer ou pas, à l’image de Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Dominique de Villepin, ou encore Gabriel Attal. Si certains parmi tous les candidats déclarés n’iront pas jusqu’au bout, la multitude des candidatures confirme une véritable tendance de fond.

14 candidats déclarés

Au total, ils sont 14 candidats à s’être déclarés, tout bord politique confondu. À gauche d’abord, on recense Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière (LO) est un parti politique français trotskiste d’extrême gauche, une idéologie politique de type marxiste se réclamant de Léon Trotski. Fondé en 1939 sous le nom d’Union communiste, qui reste son appellation officielle, il adopte en 1968 le nom de Lutte ouvrière., Marine Tondelier pour Les Écologistes, les ex-insoumis François Ruffin et Clémentine Autain, l’ancienne ministre de l’Écologie Delphine Batho et le député du Le Parti socialiste (PS) est un parti politique français situé à gauche et au centre gauche. Il s’inscrit dans la tradition du socialisme démocratique, héritée notamment de la SFIO fondée en 1905 sous l’impulsion de Jean Jaurès. Le PS actuel a été créé en 1969 lors du congrès d’Alfortville. Jérôme Guedj. Ce dernier veut incarner une « gauche républicaine » en opposition à La France insoumise (LFI) est un parti politique français d’extrême gauche fondé en 2016 par Jean-Luc Mélenchon., tandis que Clémentine Autain souhaite porter les couleurs d’une « gauche solide ». Mais la différence entre toutes ses candidatures se situe surtout dans la volonté d’une primaire à gauche. Initiée notamment par la secrétaire nationale du Les Écologistes, anciennement Europe Écologie Les Verts (EELV) jusqu’en 2023, sont un parti politique français écologiste et eurofédéraliste. Ils sont issus du changement de nom, en 2010, du parti Les Verts, fondé en 1984., Marine Tondelier, et soutenue par les deux anciens de LFI, elle permettrait d’avoir un seul représentant de la gauche pour 2027. Mais tout le monde n’est pas de cet avis, comme Jérôme Guedj et Delphine Batho.

À droite, ils sont tout aussi nombreux. Avec le patron du Parti de centre-droit, fondé par l’ancien premier ministre Édouard Philippe. Édouard Philippe, le président des Les Républicains (LR) est un parti politique français de droite, créé en 2015 à partir de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), elle-même fondée en 2002 sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Il s’inscrit dans la continuité des grands partis conservateurs et gaullistes français. Bruno Retailleau, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, le maire de Cannes David Lisnard, Nicolas Dupont-Aignan pour Debout la France est un parti politique français fondé par Nicolas Dupont-Aignan en 1999 sous le nom de Debout la République (DLR), avant d’adopter son appellation actuelle en 2014. Se réclamant du gaullisme, il est généralement classé à droite, voire à l’extrême droite de l’échiquier politique. et François Asselineau pour L’Union populaire républicaine (UPR) est un parti politique français fondé en 2007 par François Asselineau. Il défend principalement le retrait de la France de l’Union européenne.. De son côté, le Rassemblement national (RN), anciennement appelé Front national jusqu’en 2018, est un parti politique français d’extrême droite fondé en 1972. Il a été dirigé successivement par Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, puis Jordan Bardella depuis 2021. sera représenté soit par Marine Le Pen (si elle n’est pas condamnée dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national en juillet prochain), soit par Jordan Bardella. Et là encore, la bataille fait rage entre les participants d’une « grande primaire ouverte » voulue par David Lisnard et ceux totalement opposés à l’image d’Édouard Philippe ou encore Xavier Bertrand.

D’autres dans les starting-blocks

Derrière ces candidats déclarés se cachent d’autres en passe de l’être. Les candidatures du leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, du cofondateur de Place publique est un parti politique français proeuropéen de centre gauche, lancé en novembre 2018 par l’essayiste Raphaël Glucksmann et plusieurs personnalités issues de la société civile. Raphaël Glucksmann, du patron de Renaissance (RE) est un parti politique français fondé par Emmanuel Macron en avril 2016. Il s’appelait d’abord En marche !, puis La République en marche entre 2017 et 2022, avant de prendre son nom actuel. Gabriel Attal et de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin ne font que peu de doutes. De leur côté, Fabien Roussel, François Hollande, Olivier Faure et Éric Zemmour y pensent fortement. Et certains se laissent la possibilité d’y participer, surtout en cas de primaire organisée à droite et à gauche comme Ségolène Royal, Gérald Darmanin ou Michel Barnier, sans oublier Philippe Poutou. Avec les candidats déjà lancés dans la course à l’Élysée, ils pourraient finalement être 28 à se présenter.

Depuis 2002, toujours plus de candidatures

Ils ne seront pas autant à la veille du premier tour de l’élection présidentielle, mais cela confirme une véritable tendance de fond : l’inflation du nombre de personnalités politiques à se présenter pour la fonction suprême. Depuis 1965, année de la première élection du président de la République au suffrage universel direct, ils sont en moyenne dix à se porter candidats. Or, depuis 2002, le nombre de candidatures a dépassé à quatre reprises la moyenne habituelle alors qu’entre 1965 et 1995, ce n’est arrivé qu’une seule fois.

Le record de 2002 avec 16 candidatures pourrait alors être battu. Avec 28 candidats potentiels, le cru pour 2027 s’inscrit dans la droite ligne des deux dernières présidentielles. En excluant les « petites candidatures », ils étaient 25 à s’engager dans les primaires des différents partis politiques en 2022, contre 24 en 2017. Une sacrée différence par rapport aux noms proposés par les bulletins de vote au premier tour. Pour concourir à l’élection présidentielle, il faut obligatoirement recueillir les 500 parrainages d’un certain nombre d’élus (députés, sénateurs, maires, élus départementaux et régionaux). Ce dispositif vise à éviter la multiplication des candidats, même si c’est moins vrai ces dernières années. 

Cet écart s’explique notamment par la multiplication des primaires qui engendre nécessairement une accumulation des candidats. Depuis 2002, ce mode de désignation permet aux partis politiques de désigner un candidat à l’issue d’un vote qui peut être soit interne, soit ouvert à d’autres formations, à l’image de la primaire organisée par Les Républicains en 2016 élargie au centre. Avec cette nouvelle pratique importée tout droit des États-Unis, le nombre de candidatures s’accroît donc d’élections en élections, très loin des six candidatures lors de la première présidentielle en 1965.