Salle comble, militants debout avant même le début des prises de parole, applaudissements nourris… Ce jeudi 19 février à Nice, le meeting municipal de Mireille Damiano, tête de liste « Nice Front Populaire », a réuni un public mobilisé. Si l’affluence traduit une dynamique locale, la réunion s’est tenue dans un climat national particulièrement tendu.
Six jours plus tôt, le militant d’extrême droite Quentin Deranque mourait des suites de violences survenues en marge d’une conférence de l’eurodéputée de La France Insoumise (LFI) Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon. Sept personnes ont depuis été mises en examen, dont un collaborateur du député LFI Raphaël Arnault, lié au collectif antifasciste La Jeune Garde. Dans la foulée, La France Insoumise a été vivement mise en cause par plusieurs responsables politiques pour sa proximité avec le collectif, pourtant dissous en juin 2025. Mercredi, son siège national a été visé par une alerte à la bombe et plusieurs permanences parlementaires ont signalé des menaces.
Ce vendredi 20 février, le collectif nationaliste niçois Aquila Popularis avait d’ailleurs appelé à un rassemblement à 19h sur la place Garibaldi de Nice. Plusieurs centaines de personnes (entre 150 et 300, selon nos estimations), se sont regroupées pour réclamer « Justice pour Quentin » et dénoncer cet assassinat commis par « des antifas de la Jeune Garde ».
Un meeting sous vigilance
À Nice, cette séquence pesait sur l’atmosphère. Le dispositif de sécurité, discret mais renforcé, en témoignait. En ouverture, le colistier et référent de la LFI dans les Alpes-Maritimes, Olivier Salerno, a évoqué « le contexte que nous connaissons », qualifiant la tenue même de la réunion d’« acte de résistance ». Il a parlé d’« un jeune homme » dont la mort est « terrible, quel que soit le camp politique qu’il a choisi », tout en réaffirmant le rejet de la violence.
La violence n’a jamais été notre méthode
Manon Aubry, députée LFI au Parlement européen
La présence de Manon Aubry donnait cependant à la soirée une dimension particulière. Interrogée à l’issue du meeting, l’eurodéputée LFI a reconnu que la situation avait « une influence en matière de sécurité », évoquant des permanences « prises à partie » et un siège « menacé d’explosion ». « Il va sans dire que nous devons redoubler de prudence », a-t-elle déclaré, tout en martelant que « la violence n’a jamais été notre méthode ». Un message destiné autant aux militants présents qu’au débat national.
La campagne locale reprend le dessus
Pour autant, la campagne locale est rapidement revenue au centre des prises de parole. La colistière Anne-Laure Chaintron a longuement détaillé les propositions en matière d’écologie, tandis que la tête de liste Mireille Damiano a mis l’accent sur le logement et les transports, axes structurants de son programme. Preuve que, malgré la pression nationale, la liste entend maintenir le cap sur les enjeux niçois.



