Alors que le budget de l’État vient d’être adopté par l’Assemblée nationale grâce au recours du 49.3 et un rejet des motions de censure, une mesure soutenue par le Parti socialiste pourrait entrer en vigueur dès le printemps. Annoncée le 17 janvier par le Premier ministre, la généralisation du repas universitaire à 1 euro concernerait tous les étudiants à partir du mois de mai. Une perspective largement saluée sur le campus niçois de Saint-Jean d’Angély.
Jusqu’ici réservé aux étudiants boursiers et aux étudiants étrangers, le repas universitaire à 1 euro pourrait bientôt devenir la norme pour l’ensemble des étudiants. L’annonce, faite vendredi 17 janvier par le Premier ministre, intervient dans un contexte politique tendu, quelques jours seulement après l’adoption du budget par l’article 49.3. Si le calendrier reste conditionné à l’adoption définitive du texte budgétaire, prévue autour du 3 février selon le ministre des Relations avec le Parlement, la mesure est déjà scrutée de près par les principaux concernés.
« Pour un euro, on a un vrai repas »
Sur le campus, l’annonce est accueillie avec enthousiasme. Marlène, étudiante boursière en lettres, connaît déjà le dispositif. « Pour un euro, avec autant de produits, je trouve ça très correct. Il y a toujours une option végétarienne qui est vraiment très bonne. Les galettes au blé, j’adore”, sourit-elle.
Même constat pour Léo, étudiant bolivien en économie et management des organisations, bénéficiaire du tarif à 1 euro en tant qu’étudiant étranger. « Avec un euro, tu as un repas complet : un plat chaud, un yaourt, un fruit. Si quelqu’un va au Crous pour le repas à un euro, c’est qu’il en a besoin. Et ceux qui peuvent se permettre autre chose n’y vont pas forcément », considère-t-il.
Une forte attente chez les non-boursiers
Pour les étudiants non boursiers, la généralisation représenterait un véritable soulagement financier. « Tous les étudiants devraient en bénéficier. Même quand on n’est pas boursier, on n’a pas forcément beaucoup de moyens », explique Nour, étudiante en Lettres. Elle y voit une mesure d’équité. « Passer de 3,30 euros à 1 euro, ça me ferait environ 50 euros d’économie par mois. Ce n’est clairement pas négligeable ».
Dans un contexte de précarité étudiante persistante, la mesure apparaît comme une réponse concrète à la hausse du coût de la vie, largement dénoncée ces dernières années.
La crainte d’une baisse des quantités
Si le prix fait consensus, certains s’inquiètent toutefois des conséquences sur la quantité servie. « J’espère que ce ne sera pas au détriment des portions. Personnellement, avec de grosses journées, je finis souvent par racheter quelque chose à côté pour tenir », s’inquiète Alicia, étudiante non boursière en éco-gestion. Une méfiance partagée par plusieurs étudiants, alors que la fréquentation des restaurants universitaires pourrait augmenter avec l’élargissement du dispositif.
Le Crous Nice-Toulon prudent avant l’adoption définitive
Contacté, le Crous Nice-Toulon indique ne pas être en mesure d’anticiper les effets de cette éventuelle généralisation. Tant que le budget n’est pas définitivement adopté, aucune adaptation ne peut être envisagée dans le restaurant universitaire, qui attend les instructions du Cnous, l’organisme national coordonnant l’ensemble des Crous.
Si le calendrier gouvernemental est respecté (et si le budget est adopté par le Sénat), tous les étudiants pourraient bénéficier du repas à 1 euro dès le mois de mai.
