Procès de Marine Le Pen : l’appel décisif qui peut rebattre les cartes de 2027

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Publié le 15 janvier 2026 à 20h43
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L’heure de vérité approche pour Marine Le Pen. Depuis mardi 13 janvier et jusqu’au 12 février, la cheffe de file du Rassemblement national (RN) est jugée en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (FN). Une procédure lourde d’enjeux politiques, alors qu’une confirmation de sa condamnation pourrait l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2027.

C’est maintenant que tout se joue. Depuis mardi 13 janvier et jusqu’au 12 février, Marine Le Pen est jugée en appel à Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du FN. L’enjeu est immédiat et politique : la cour dira cet été si la peine d’inéligibilité prononcée en première instance est maintenue. Une décision qui déterminera sa capacité à être candidate à l’élection présidentielle de 2027 ou actera le passage de relais à Jordan Bardella.

Le Rassemblement national déjà en mode plan B

Marine Le Pen l’a clairement posé : en cas de confirmation de sa condamnation, la présidentielle se fera sans elle. Le parti doit, selon ses mots, « être prêt dès septembre ». Campagne engagée, candidat désigné.

Dans les faits, ce scénario porte un nom. Celui de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, omniprésent mais toujours officiellement « non-candidat », répétant viser Matignon plutôt que l’Élysée.

Lors de ses vœux, lundi 12 janvier, à la Maison de l’Amérique latine, entouré de Marine Le Pen et d’Éric Ciotti, Jordan Bardella a tenu une ligne de crête. Défense ferme du parti : « nous allons démontrer notre totale innocence », et prudence personnelle, pour ne pas apparaître comme celui qui attendrait la chute de sa mentor.

Une ligne de défense assumée

Sur le fond, Marine Le Pen ne change pas de cap. Elle continue de nier toute infraction et de dénoncer une lecture politique de l’affaire. « Dire la vérité », répète-t-elle, convaincue que l’appel lui offrira une écoute différente. Une constance qui tranche avec les ajustements opérés en coulisses.

Des renforts et des consultations

L’équipe de défense a été étoffée, avec l’arrivée des avocats Sandra Chirac-Kollaric aux côtés de Rodolphe Bosselut. Ces derniers mois, Marine Le Pen a aussi échangé avec plusieurs figures du droit et de la réflexion politique, dont l’académicien François Sureau, ancien proche d’Emmanuel Macron.

L’appel concerne également plusieurs cadres et élus du parti, parmi lesquels Louis Aliot, Bruno Gollnisch et Julien Odoul, ainsi que le RN en tant que personne morale. Mais c’est bien le sort politique de Marine Le Pen qui concentre toutes les attentes.

Le compte à rebours est lancé

Le verdict est attendu cet été. D’ici là, le RN avance en équilibre : afficher sa confiance judiciaire sans ignorer un scénario d’empêchement. Plus qu’un procès, cet appel ouvre une phase de transition potentielle où l’issue judiciaire pèsera directement sur la configuration de la présidentielle de 2027.