Le premier tour des municipales aura lieu le 15 mars. Alors que Christian Estrosi est candidat à sa succession, nombreux sont ceux qui veulent le voir partir, à commencer par son principal adversaire, Éric Ciotti.
Qui sera le prochain maire de Nice ? Ils sont dix candidats sur la ligne de départ pour les municipales 2026, soit deux de plus que lors du précédent scrutin en 2020. À moins de deux mois du premier tour, qui se tiendra le 15 mars, la campagne s’accélère. Chaque tête de liste tente de porter son programme et ses idées auprès des électeurs. Éric Ciotti, Juliette Chesnel-Le Roux ou encore Mireille Damiano, ils sont nombreux à vouloir battre le sortant, Christian Estrosi. Mais, pour se qualifier au second tour, il faut récolter au moins 10% des suffrages exprimés.
Estrosi et Ciotti, le duel des droites
Ce sont les deux visages de cette campagne. Un duel fratricide entre deux anciens amis devenus ennemis. D’un côté, Christian Estrosi, maire sortant et candidat Horizons pour un quatrième mandat. De l’autre, Éric Ciotti, opposant numéro un et tête de liste de son parti, l’Union des droites pour la République (UDR), soutenu par le Rassemblement national. Alors, tous les coups sont permis entre les deux, au point que la préfecture des Alpes-Maritimes ait demandé un appel au calme il y a quelques semaines.
Le premier défend son bilan. Création et agrandissement de la promenade du Paillon, construction d’un Hôtel des polices, transport gratuit pour les moins de 11 ans et les plus de 65 ans, son équipe de campagne met en avant les projets mis en place depuis 2008. Éric Ciotti, quant à lui, se pose en rupture par rapport à son adversaire. Il sent le vent tourner, et veut croire que les Niçois ont envie de tourner la page de trois mandats Estrosi.
La gauche plus que jamais divisée
À côté des deux favoris, la gauche s’avance toujours aussi divisée. La liste qui a le plus de chances de se qualifier au second tour est celle portée par Juliette Chesnel-Le Roux. L’actuelle élue d’opposition représente notamment les couleurs du parti Les Écologistes, le Parti socialiste et les Communistes. Une union sans La France Insoumise et le collectif ViVa malgré l’appel des deux camps à discuter et à s’unir. Candidat à trois reprises à Nice, et sur la liste de Juliette Chesnel-Le Roux cette année, Patrick Allemand avait même dit, au micro d’Hexact, que « le rassemblement de toute la gauche [était] une condition indispensable si on veux jouer un rôle clé et déterminant dans cette élection ». C’est loupé. Mireille Damiano porte la liste Nice Front populaire, représentant LFI, ViVa et l’association Tous citoyens. Lors des dernières municipales, en 2020, elle était déjà tête de liste, et avait récolté un peu plus de 8% des voix, manquant de peu la qualification pour le second tour.
Mais ses deux candidatures ne sont pas les seules à gauche. Au total, ce sont quatre listes de gauche qui se lancent dans la course aux municipales parmi les dix candidats déclarés pour le premier tour. Autant de listes, pour autant de nuances de gauche. Parmi elles, Estelle Jaquet. La candidate de Lutte ouvrière avait fini avec moins de 1% des voix il y a six ans. Enfin, Hélène Granouillac, ex-écologiste et actuelle élue d’opposition, présente sa liste « Vivre Nice ».
Xavier Garcia se déclare puis se retire
Il y avait même une cinquième liste de gauche. Xavier Garcia, qui n’avait pas réussi à se mettre d’accord avec les écologistes, le PS et PCF, s’était déclaré pour porter une candidature de centre-gauche avec Place publique, parti de Raphaël Glucksmann. C’était certainement celle de trop. L’éphémère candidat s’est résolu, il y a quelques semaines, à se retirer de la course à la mairie de Nice. « Nous n’avons pas lancé cette candidature pour obtenir des places, encore moins pour nuire à notre camp et nous ne voulons pas devenir un sujet de discorde national entre partis de gauche à un an des élections présidentielles », a expliqué Xavier Garcia dans un communiqué. Dans le même temps, il est prêt à de nouvelles discussions avec la liste « Unis pour Nice » portée par Juliette Chesnel-Le Roux, sans pour autant donner de consigne de vote.
Jean-Marc Governatori crée la surprise et rejoint Éric Ciotti
C’est certainement la plus grosse surprise des dernières semaines. Jean-Marc Governatori rejoint la liste d’Éric Ciotti. Arrivé en troisième position en 2020, soutenu à l’époque par l’Alliance Écologiste Indépendante et Europe Écologie Les Verts (désormais Les Écologistes), il prévoyait de se porter à nouveau candidat avec son parti Écologie au centre, dont il est le co-président. Mais il a finalement décidé de se rallier à la candidature du président de l’UDR. « Je suis vert et ouvert », s’est défendu Jean-Marc Governatori, qui a été candidat à la primaire des écologistes pour l’élection présidentielle de 2022. « Je suis à un âge où je me fous de l’étiquette », a-t-il ajouté.
L’extrême droite aussi représentée par Reconquête
Alors que le Rassemblement national soutient Éric Ciotti, Reconquête fait un autre choix. Le parti d’Éric Zemmour a investi Cédric Vella comme tête de liste. Le délégué départemental de Reconquête a déjà été candidat lors des élections législatives de 2022 dans la 5e circonscription des Alpes-Maritimes. Il avait alors récolté près de 7% des suffrages, loin derrière Christelle D’Intorni (22%), et Marine Brenier-Ohanession (26%) au premier tour.
Deux ex-gilets jaunes candidats
Pour les municipales 2026, deux candidatures sont aussi à noter : celles de Nathalie Dloussky et Jean-Claude Wahid Spach. Elles sont toutes les deux portées par deux anciens gilets jaunes. La première est membre du parti Ensemble pour la grandeur de la France, alors que le deuxième est seulement militant. Leur particularité : pas de programme. Jean-Claude Wahid Spach se présente même sans véritable liste. Il devra pourtant en présenter une en préfecture avant le 26 février, 18h, et avec 69 noms.
Une liste sans étiquette
Dernière candidature en date, celle de Cécile Forjonnel. Elle représente les couleurs de la liste « Nice démocratie directe ». Après avoir été élue candidate par l’association AC! Nice, qui organise régulièrement des assemblées citoyennes, la Niçoise porte un projet qui vise à faire participer davantage les habitants.
Éric Ciotti en tête selon un premier sondage
Révélé par Politico et réalisé par l’institut Cluster 17, le premier sondage pour les élections municipales à Nice place Éric Ciotti en tête avec 41% des intentions de vote au premier tour. Le président de l’UDR distance de dix points son grand rival, Christian Estrosi crédité à 31% des voix. Un écart qui s’explique par la perte de l’électorat de droite pour le maire sortant. Selon les données avancées par l’institut de sondage, pas moins de 42% des Niçois qui ont voté Estrosi, lors des dernières municipales en 2020, semblent se tourner cette fois sur Éric Ciotti.
Les deux autres listes qui sont susceptibles d’être qualifiées pour le second tour, sont celles de Juliette Chesnel-Le Roux (12%) et de Mireille Damiano (10%). Une potentielle triangulaire, voire une quadrangulaire qui serait totalement inédite. Christian Estrosi espérerait alors un report des voix vers sa candidature au second tour pour rattraper son retard et l’emporter. Selon ce sondage, près de 31% des électeurs des Écologistes et du Parti socialiste se disent près à voter pour l’actuel maire sortant, et ce dès le premier tour. Mais Juliette Chesnel-Le Roux a déjà annoncé qu’elle maintiendrait sa liste en cas de qualification pour le second. À suivre.



